L'Hypothèse scientifique (suite et fin)

Titre

L'Hypothèse scientifique (suite et fin)

Statut

Année de publication

Périodique de publication

Volume

6

Pagination

337-351

Type d'intervention

Thèse - Objectif :

Montrer la nature et la valeur instrumentale des hypothèses causales (pouvoir prédictif, unification des phénomènes, économie de la pensée…)

Présenter quelques règles exprimant les conditions indispensables d’une bonne hypothèse causale (simplicité, représentative, compréhensive…)

Acculturation

Non

Référence bibliographique

  • Morgan, Lloyd, The Monist, 1897

  • Naville, Ernest, La Logique de l’Hypothèse, Paris, Alcan

  • Berthollet

  • Lavoisier

  • Brandt

  • Berthelot, La révolution chimique

  • Ostwald

  • De La Barre, Congrès scientifique de Fribourg

  • Romanes, « Isolement comme facteur d’Évolution », in The Monist, 1897

  • Wallace

  • Gullick

  • Haeckel

  • Virchow

Commentaire référence bibliographique
  • De Munnynck renvoie aux travaux de Berthollet, Lavoisier, Brandt pour illustrer le pouvoir prédictif des hypothèses (le fait que qu’une hypothèse fausse, complètement abandonnée, a pu faire découvrir des faits d’une importance primordiale) :

    « Des faits vraiment nouveaux, des phénomènes totalement inconnus sont venus au jour à la suite de recherches inspirées par les théories les plus fausses. L’alchimiste Brandt de Hambourg cherchait vraisemblablement la pierre philosophale, lorsqu’il trouva le phosphore. Un exemple plus récent se trouve consigné dans le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences, du 2 avril 1785. Berthollet y déclare abandonner définitivement les idées de Stahl sur le phlogistique, pour embrasser la nouvelle théorie pneumatique de son collège Lavoisier. C’était là un progrès très sérieux, ; car jusqu’à cette époque les chimistes avaient repoussé les idées nouvelles avec une étrange unanimité, et Lavoisier était contraint de chercher des conseils et ds encouragements chez les géomètres. Or, ce pas décisif était fait par Berthollet en se basant sur une supposition absolument fausse ; il considérait le chlore comme un composé, capable de céder so oxygène aux métaux ou de le dégager à létat de liberté. » (De Munnynck (1899), pp. 342-343)

  • De Munnynck cite l’opinion d’Ostwald sur la valeur instrumentale des hypothèses :

    « Si donc les hypothèses ne sont point vraies dans le sens propre du mot, comme nous l’avons établie ; si elles ne se justifient pas par une connexion logiquement rigoureuse avec les faits, il faut reconnaître néanmoins qu’elles sont souverainement utiles, et que la psychologie, la nature t les tendances de notre intelligence, les conditions indispensables de ses investigations, plaident puissamment pour la légitimité de leur usage. Elles apaisent dans une certaine mesure l’élan naturel de la raison vers les causes, élan artificiellement comprimé par la méthode positiviste des sciences d’observation ; elles correspondent à nos tendances vers l’unité ; elles possèdent, dans bien des cas, une grande valeur mnémotechnique ; elles contribuent enfin d’une manière inappréciable à la conquête progressive des secrets de la nature. De tous les instruments scientifiques, en est-il un plus précieux ? Telle est, d’ailleurs, l’idée que les esprits clairvoyants se sont formée au sujet de l’hypothèse. « La valeur d’une hypothèse, dit le professeur Ostwald, dépendra de la facilité avec laquelle on pourra la manier, et aussi du nombre des faits dont elle rendra compte. La façon dont une hypothèse possède ces qualités, permettra de décider s’il faut la conserver ou la rejeter… L’hypothèse est un outil, que l’on rejette aussitôt qu’il ne répond plus à l’état actuel de l’objet que l’on travaille. ». » (De Munnynck (1899), pp. 343-345)

  • De Munnynck renvoie au travail de De La Barre sur la substitution de l’étude de la quantité à celle de la qualité.

Intervention citée

Non

Intervention discutée

Non

URL

www.persee.fr/doc/phlou_0776-5541_1899_num_6_24_1673

Fiche complète

Oui

Créateur de la fiche

Greber, Jules-henri

L'Hypothèse scientifique (suite et fin) est le troisième article de fond en philosophie des sciences publié par De Munnynck dans la Revue néo-scolastique. Parue en 1899, l'intervention a pour objectif de montrer la valeur instrumentale de l'hypothèse causale (pouvoir prédictif[1], unification des phénomènes, économie de la pensée[2].…) et de déterminer quelques règles exprimant les conditions indispensables d’une bonne hypothèse causale (simplicité, représentative[3], compréhensive[4]…). 

[1]           « M. Naville a établi que pour découvrir n'importe quelle vérité scientifique, il faut une hypothèse préalable. On peut, il est vrai, faire des trouvailles, des découvertes de hasard, qui s'imposent subitement à l'observation. Mais les trouvailles sont rares et souvent stériles toutes les recherches méthodiques, les seules véritablement fécondes pour la science, sont inspirées et dirigées par une supposition antérieure. (…) Or, l'hypothèse scientifique, dans le sens restreint que nou donnons ici au mot, nous fournit une idée directrice vraiment admirable. Par sa largeur et souvent par la précision de ses détails, l'hypothèse se prête à des déductions très nombreuses dont chacune constitue une nouvelle hypothèse subordonnée, qu'on s'efforce de vérifier par l'observation et qui dirige ainsi l'expérience. (…) Très souvent, dans l'histoire des sciences, on voit qu'une hypothèse certainement fausse, complètement abandonnée de nos jours, a fait découvrir des faits d'une importance primordiale. Nous ne voulons as fire allusion à l'usage ordinaire de tout hypothèse pour la prédiction des phénomènes futurs ; comme le système de Ptolémée par exemple, permettait de prédire les éclipses. Non ; des faits vraiment nouveaux, des phénomènes totalement inconnus sont venus au jour à la suite de recherches inspirées par les théories les plus fausses (..) ». De Munnynck (1899), 342-343.

[2]           « Cette unité, qu'une image synthétique prête à des phénomènes multiples, est sans conteste un des principaux avantages que présentent les hypothèses causales » De Munnynck (1899), 340-341. Exemple de l'hypothèse de l'émission ou l'hypothèse vibratoire. « La mémoire humaine est, hélas ! Bien limitée ; et à mesure qu'avance l'exploration des phénomènes naturels, les limites de la nature semblent reculer à l'infini. Les faits s'amoncellent, innombrables ; les lois particulières s'alignent, défiant par leur variété la mémoire la plus étendue et la plus tenace. Or, il est incontestable que certaines hypothèses nous aident puissamment à les retenir. Quelquefois même elles sont si parfaites, qu'elles nous dispensent en quelque sorte de retenir les faits et les lois, parce que ces dernières en résultent si nécessairement, qu'il suffit de réfléchir pour les retrouver. » De Munnynck (1899), 341.

[3]         « Elle doit être frappante et facilement maniable pour l'imagination. » (De Munnynck (1899), 346).

[4]         « Plus grand est le nombre de faits qu'elle comprendra dans sa synthèse, plus nombreux sont les phénomènes et les lois dont elle rendra compte d'une manière simple et claire, plus précieuse et utile sera l'hypothèse. » (De Munnynck (1899), 346).