Liberté et le déterminisme scientifique. Conciliation des deux principes (La)

Titre

Liberté et le déterminisme scientifique. Conciliation des deux principes (La)

Année de publication

Périodique de publication

Volume

19

Pagination

986-991

Type d'intervention

Champ Scientifique

Théorie scientifique examinée

Source

Mueller, Thomas Michael, "The Boussinesq Debate : Reversibility, Instability, and Free Will", in Science in Context, 2015, t. 28, pp. 613-635. (https://consequent2017.files.wordpress.com/2018/02/mueller.pdf)

Thèse - Objectif :

Combattre le matérialisme et le déterminisme mécanique absolu

Défendre scientifiquement le spiritualisme (position pouvant concilier l'existence de la liberté avec les principes de la mécanique)

Faire du principe directeur qui repose sur les cas d'indétermination mécanique (intervenant dans les équations différentielles qui reçoivent des solutions singulières) une solution à l'incompatibilité entre le mécanisme et le libre arbitre

Acculturation

Non

École philosophique

Spiritualisme

Intervention citée

Oui
Cité par

Intervention discutée

Oui
Discuté par

URL

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215088s/f322.item

Créateur de la fiche

Greber, Jules-henri

La liberté et le déterminisme. Conciliation des deux principesest le premier article de fond en philosophie des sciences publié par Boussinesq dans la Revue scientifique. Parue en 1877, l’intervention a pour objectif de défendre scientifiquement le spiritualisme et de combattre le matérialisme et le déterminisme mécanique absolu en faisant du principe directeur qui intervient dans les cas d’indétermination mécanique une solution à l’incompatibilité entre le mécanisme et le libre arbitre. Il s’agit de démontrer que le spiritualisme est une position pouvant concilier l’existence de la liberté avec les principes de la mécanique. Le libre arbitre reçoit ici une preuve en faveur de son existence à partir de certains principes de la mécanique, en particulier des équations différentielles du mouvement qui admettent des solutions singulières[1].

[1]         « La tendance des physiologistes, légitime en ce qu’elle résulte de leurs observations, est d’ailleurs de n’exempter aucunement des lois physiques ou chimiques la matière qui vient faire partie d’un organisme animé, quoique les circonstances, très-spéciales, au milieu desquelles elle se trouve tant qu’elle lui appartient, la rendent capable de mouvement particuliers, incomparablement plus divers que ceux qu’elle avait présentés jusqu’alors. Or, plusieurs savants croient que cette extension des lois physiques aux mouvements intérieurs des centres nerveux, organes de la pensée et de la volonté, équivaut à admettre la complète détermination de toute la suite de leurs états par les lois considérées, et, comme conséquence particulière, l’impossibilité d’assigner dans le monde visible une place quelconque à la liberté, dont le sentiment en nous ne serait que pure illusion. Je me propose d’établir qu’une pareille conclusion est en complet désaccord avec la logique, et qu’elle n’a pu se produire que par l’oublie d’un fait analytique important. Ce fait consiste en ce que des équations différentielles, même parfaitement déterminées, reliant les uns aux autres les états successifs d’un système, sont loin d’être assimilables à des équations finies ; en effet, l’intégration introduit fréquemment dans les fonctions qui y paraissent une indétermination pour ainsi dire illimitée, lorsqu’il existe ce que les géomètres appellent des solutions singulières. (…) Une conclusion qui me paraît se dégager en toute certitude de ce petit essai, c’est que les lois physiques, au sens précis qu’on leur attribue d’ordinaire d’équations différentielles du mouvement des systèmes matériels, ne sont nullement synonymes d’un déterminisme absolu, dans lequel sombreraient la liberté morale des êtres humains et leur responsabilité. Le physiologiste peut donc, sans s’écarter du plus sévère spiritualisme, étendre les lois mécaniques, physiques et chimiques à toute la matière, y compris les molécules d’un cerveau vivant. » (Boussinesq (1877), pp. 986 et 991)