Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, par A. Cournot

Titre

Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, par A. Cournot

Auteur Intervention

Statut

Année de publication

Périodique de publication

Volume

14

Pagination

117-118

Type d'intervention

Champ Scientifique

Thèse - Objectif :

Indiquer, à partir de l'avertissement de Lévy-Bruhl à la nouvelle édition du Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, les raisons pour lesquelles Cournot a passé à peu près inaperçu à son époque

Montrer la modernité de la méthodologie et des principes fondamentaux de la philosophie de Cournot (l’analyse des idées d’ordre, de hasard et de probabilité, la définition de la raison, la critique de la connaissance par la réflexion sur les sciences positives, sur leurs objets, leurs principes, leurs postulats et leurs méthodes, la question de savoir si une synthèse suprême de leurs résultats est possible)

Acculturation

Non

Référence bibliographique

Commentaire référence bibliographique
  • Pour souligner la modernité des écrits de Cournot, Rey indique les parentés méthodologiques et doctrinales entre le géomètre-philosophe et Poincaré :

    « Le nombre des études que la jeune érudition philosophique française lui consacre va en augmentant. Et son influence, ou tout au moins des rapports généraux avec les idées auxquelles il tenait le plus, s’affirment dans les ouvrages des principaux penseurs français contemporains. Son probabilisme, son idée de la contingence résultant de l’indépendance possible des différentes séries causales, ont une parenté manifeste avec certaines théories capitales que H. Poincaré a retrouvées – d’une manière d’ailleurs toute originale – dans ses ouvrages philosophiques : La Science et l’hypothèsenotamment. L’idée de probabilité a été remise à l’ordre du jour et la théorie de Cournot discutée par H. Poincaré, Le Dantec, Borel, etc. » (Rey (1913), p. 118)

Intervention citée

Non

Intervention discutée

Non

URL

https://amshistorica.unibo.it/7

Créateur de la fiche

Greber, Jules-henri

Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, par A. Cournot est le vingt-huitième compte-rendu en philosophie des sciences publié par Rey dans Scientia. Parue en 1913, l'intervention a pour objectif d'indiquer, à partir de l'avertissement de Lévy-Bruhl à la nouvelle édition du Traité de l'enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, les raisons pour lesquelles Cournot a passé à peu près inaperçu à son époque[1]. La réédition de l'ouvrage de Cournot conduit Rey à montrer la modernité de la méthodologie et des principes fondamentaux de la philosophie de Cournot (l’analyse des idées d’ordre, de hasard et de probabilité, la définition de la raison, la critique de la connaissance par la réflexion sur les sciences positives, sur leurs objets, leurs principes, leurs postulats et leurs méthodes, la question de savoir si une synthèse suprême de leurs résultats est possible)[2].

[1]         « Dans l’avertissement que M. Lévy-Bruhl a placé au début de cette nouvelle édition, il cherche à démêler pour quelles causes Cournot a passé à peu près inaperçu à son époque. Ces causes sont de natures bien diverses. Cournot était connu comme inspecteur générale de l’Instruction publique ; qu’il s’occupât de philosophie, ceci ne semblait pouvoir venir que par surcroît, et occasionnellement. Il a été victime – pourrait-on dire – de son « étiquette » officielle. De plus il était fort modeste autant que fier. Il ne cherchait pas à se concilier la faveur du public. Les titres de ses ouvrages à une époque éprise de « philosophie littéraire » semblaient rebutants, et rien dans la forme de ceux-ci – style, allure du développement – n’est sacrifié à l’agrément du public. Celui-ci n’était d’ailleurs nullement préparé à suivre Cournot sur le terrain de ses recherches ; il était sous l’influence de l’école éclectique qui s’est toujours montrée absolument étrangère, sinon hostile, à l’intervention des sciences la philosophie. Les ouvrages de Cournot devaient paraître destinés uniquement aux purs savants. » (Rey (1913), pp. 117-118)

[2]         « Cournot, méconnu à son époque, a été un « pionnier et un précurseur ». La plupart des problèmes qu’il a étudiés (l’analyse des idées d’ordre, de hasard et de probabilité, la définition de la raison, la critique de la connaissance par la réflexion sur les sciences positives, sur leurs objets, leurs principes, leurs postulats et leurs méthodes, la question de savoir si une synthèse suprême de leurs résultats est possible) sont devenus des problèmes actuels. (…) Le nombre des études que la jeune érudition philosophique française lui consacre va en augmentant. Et son influence, ou tout au moins des rapports généraux avec les idées auxquelles il tenait le plus, s’affirment dans les ouvrages des principaux penseurs français contemporains. Son probabilisme, son idée de la contingence résultant de l’indépendance possible des différentes séries causales, ont une parenté manifeste avec certaines théories capitales que H. Poincaré a retrouvées – d’une manière d’ailleurs toute originale – dans ses ouvrages philosophiques : La Science et l’hypothèsenotamment. L’idée de probabilité a été remise à l’ordre du jour et la théorie de Cournot discutée par H. Poincaré, Le Dantec, Borel, etc. La philosophie pragmatique française – si on peut lui donner ce nom, car elle est assez différente, à cause des habitudes de clarté et de logique de l’esprit français, du pragmatisme en général et du pragmatisme anglo-saxon en particulier – a pu aussi se recommander de la plupart des idées que Cournot expose dans l’ouvrage qui vient d’être réédité à propos de la contingence de l’enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l’histoire. La philosophie néo-religieuse, le néo-catholicisme ont pu y trouver de bons thèmes d’argumentation, ce qui explique qu’ils aient adopté et même jusqu’à un certain point revendiqué Cournot comme un précurseur et un maître. Mais l’historien impartial retrouvera aisément dans Cournot un fond de rationalisme et d’intellectualisme par l’omission duquel sa pensée serait mutilée et faussée. » (Rey (1913), pp. 117-118)