Littré, Émile (1801-1881)

Nom, Prénom

Littré, Émile

Naissance et décès

Études

Profession

Contributions à la Philosophie des Sciences

État Civil :

Émile Littré est né à Paris le 1er février 1801. Il meurt à Paris le 2 juin 1881.


Formation :

De 1822 à 1827, il étudie à la Faculté de Médecine de Paris.
En 1827, suite au décès de son père, Littré abandonne les études de médecine et donne des cours de latin et de grec pour subvenir aux besoins de sa famille.

Carrière scientifique :

De 1831 à 1851, il est l’un des principaux rédacteurs du journal Le National.
En 1836, il débute sa collaboration à la Revue des deux Mondes.
De 1839 à 1862, il réalise la traduction d’Hippocrate.
En 1862, il débute la traduction de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien.
De 1847 à 1865, il rédige le Dictionnaire de la langue française.
En 1870, il est nommé par Gambetta professeur d’histoire et de géographie à l’École polytechnique. Son cours est publié dans Littré (1870).
Le 30 décembre 1871, il est élu à l’Académie française.


Engagement sociaux, civiques et politiques :

Lors de la Révolution de juillet 1830, Littré s’engage du côté des insurgés.
En 1848, il est conseiller municipal de Paris.
De 1871 à 1881, il endosse des responsabilités politiques. Du 8 février 1871 au 7 mars 1876, il est élu représentant de la Seine à l’Assemblée nationale. Du 15 décembre 1875 au 2 juin 1881, il est élu sénateur.
En 1875, il est reçu, avec Grégoire Wyrouboff  (1843-1913) et Jules Ferry (1832-1893), par le Grand Orient de France (loge « La Clémente Amitié ») et devient franc-maçon.


Activité philosophique et éditoriale en philosophie des sciences :

En 1840, il découvre les travaux d’Auguste Comte et devient un disciple militant de la philosophie positive.
En 1844, il publie six articles sur la philosophie positive dans Le National.
En 1849, il rédige onze articles dans Le National sur « l’application de la philosophie positive au gouvernement des sociétés et en particulier à la crise actuelle ». Ces articles sont réunis dans le recueil Conservation, Révolution, Positivisme.
En 1863, il publie Auguste Comte et la philosophie positive.
De 1835 à 1858, il publie plusieurs articles de vulgarisation dans la Revue républicaine, la Revue des deux mondes, et la Revue germanique. Ces articles sont réunis dans La science au point de vue philosophique.
En 1852, Littré s’oppose à la religion positiviste et à la méthode subjective développées par Comte dans le Système de Politique positive. Il est alors accusé par le père du positivisme « de faire un schisme positiviste ». Littré devient ainsi le représentant d’un positivisme hétérodoxe, antireligieux et républicain.
En 1867, en collaboration avec Wyrouboff, il participe à la fondation et au fonctionnement de la revue La Philosophie Positive. En 1872, il participe à la fondation de la première Société de sociologie[1] dont l’objectif premier est une étude scientifique des problèmes sociaux et politiques[2].

L’activité éditoriale en philosophie des sciences de Littré débute en 1867 et cesse en 1880. Elle se déploie exclusivement dans la revue La Philosophie Positive. Elle se compose de 3 articles de fond et 1 recension. Elle représente ainsi 2% de la production totale de l’auteur dans le périodique[3].
  • 2 Articles de fond sont consacrés à une présentation des méthodes et principes fondamentaux de la philosophie positive. Dans son article programmatique (Littré (1867)), Littré propose une interprétation scientiste et phénoméniste du positivisme qui constitue le schème conceptuel et le cadre théorique à partir desquels se structure le périodique. Cette interprétation est reprise par Wyrouboff (1867). En 1880, à travers l’analyse du concept cournotien de transrationalisme, Littré revient sur certains principes fondamentaux du positivisme (Littré (1880)).
  • 1 Article de fond porte sur les hypothèses positives de Cosmogonie. La nature, la valeur et les limites de ces hypothèses sont examinées à partir de la théorie contienne des hypothèses scientifiques (Littré (1872)).
  • 1 Recension est dédiée aux interventions de Louis Liard sur la logique formelle publiées dans la Revue Philosophique de la France et de l’étranger. Cette recension permet à Littré non seulement de présenter aux lecteurs les travaux en logique de Raymond Lull, Boole et Stanley Jevons, mais aussi de réaffirmer la nature expérimentale des principes fondamentaux de la logique (Littré (1877)).

Source


- Gouhier Henri. Émile Littré et la philosophie, in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 125ᵉ année, n°4, 1981. pp. 606-615. (http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1981_num_125_4_13890)

- Heilbron, Johan (2007), « Sociologie et positivisme en France au XIXe siècle : les vicissitudes de la Société de sociologie (1872-1874) », in Revue française de sociologie, 2007/2 (Vol. 48), pp. 307-331. (https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2007-2-page-307.htm)

- Robert, Adolphe, Bourloton, Edgar et Cougny, Gaston (1889, Dictionnaire des parlementaires français : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889, éd. Bourloton, Paris, 1889-1891 : (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k837081 / http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/%28num_dept%29/5506)


[1]          Parmi les 26 membres fondateurs, 3 ont une activité dans le champ de la philosophie des sciences au sein de La Philosophie positive Louis André (1838-1913), WyrouboffStupuy Hippolyte (1832-1900). La première séance de la Société ainsi que son règlement et ses membres sont publiés dans Littré, Émile, « Fondation d'une Société de Sociologie », in La Philosophie positive, t. 8, 1872.(http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77879k/f299.image)

[2]          Pour une étude historiographique et prosopographique de la Société, nous renvoyons le lecteur à Heilbron (2007).

[3]          Littré totalise 181 interventions dans La Philosophie Positive (articles, notes, commentaires, recensions, lettres). Heilbron (2007), p. 316.