Étude sur l'espace et le temps par Georges Lechalas

Titre

Étude sur l'espace et le temps par Georges Lechalas

Statut

Année de publication

Périodique de publication

Volume

3

Pagination

109-111

Type d'intervention

Champ Scientifique

Théorie scientifique examinée

Thèse - Objectif :

Présenter l'ouvrage Étude sur l'espace et le temps de Géorges Léchalas

Discuter la théorie kantienne de la notion de temps et montrer la supériotié de la théorie thomiste

Acculturation

Oui

Commentaire acculturation

L'ouvrage de Léchalas expose les données des sciences géométriques et mécaniques nécessaires pour aborder l'étude métaphysique de l'espace et du temps : 


« Avant d’aborder l’étude de ces questions ardues entre toutes de l’espace et du temps, il n’était pas sans utilité de jeter un coup d’œil sur les données des sciences qui s’y rattachent directement : la géométrie et la mécanique. Quoique les points de vue métaphysique et scientifique soient profondément différents, il arrive très souvent que les conclusions générales des sciences confinent aux aperçus philosophiques, les suggèrent ou les préparent. C’est ce qu’a très bien compris M. Lechalas. Dans la première partie de son travail, il étudie les sources de la géométrie qui est essentiellement l’étude de l’espace ; il précise les caractères de la géométrie euclidienne et expose enfin les lignes d’ensemble de la géométrie générale. (…) Cette première partie, qui comprend en outre quelques considérations sur les espaces et le temps en mécanique, sur les mondes semblables et réversibles, présente un vif intérêt. On se plaît à y rencontrer l’aimable courtoisie de la discussion et la logique serrée du raisonnement. » (Nys (1896), pp. 110-111)

École philosophique

Néo-Thomisme

Référence bibliographique

  • Léchalas, Georges, Études sur l'espace et le temps, Paris, Alcan, 1895.

  • Boscovich 

  • Domet de Vorges

  • Balmès

  • Kant

Commentaire référence bibliographique
  • Nys présente l'ouvrage de Léchalas

  • L'étude métaphysique de Léchalas de l'espace reprend les études de Boscovich et de Domet de Vorges : 

    « En ce qui concerne l'espace, on n'y trouve que quelques idées empruntées à Boscovich et élucidées par M. de Vorges. Sans les faire siennes, l'auteur s'abstient d'émettre une théorie qui lui soit propre, et laisse le problème sans solution. M. Lechalas se déclare partisan de la théorie de Boscovich sur la discontinuité du mouvement et de l'étendue. Le problème du continu est, sans aucun doute, l'un des plus obscurs de la philosophie et l'on comprend aisément qu'il est susceptible de solutions multiples différant entre elles par un degré de plus ou moins grande probabilité. Toujours est-il cependant que les arguments de M. Lechalas nous paraissent peu convaincants. » (Nys (1896), p. 111)

  • L'étude métaphysique de Léchalas sur le temps reprend les études de Balmès et Kant : 


    « L'étude métaphysique du temps occupe une assez large place dans le travail mentionné. La théorie de Balmès s'y trouve exposée sommairement mais avec beaucoup de clarté et de méthode. Le philosophe espagnol, on le sait, rattache l'idée de temps à celle de succession en tant que celle-ci implique une exclusion (...). M. Lechalas trouve dans cette théorie un défaut essentiel, c'est d'être impuissante à faire distinguer l'avant de l'après, deux notions essentiellement comprises dans l'idée du temps; elle explique, si l'on veut, la notion de succession, mais en laissant indéterminé l'ordre de cette succession. Kant, de l'avis de l'auteur, semble avoir donné à cette théorie le complément dont elle avait besoin, en identfiant la relation temporelle avec la relation causale: "le concept du temps est un concept pur de l'entendement ayant pour objet le rapport de la cause et de l'effet". La cause précède l'effet, et le rapport qui les relie éveille nécessairment les idées d'antériorité et de postérité qui constituent l'idée du temps. » (Nys (1896), pp. 110-111)

Discute :

  • Léchalas, Georges, Études sur l'espace et le temps, Paris, Alcan, 1895.

  • Kant

Commentaire Discute
  • Nys reproche à Lechalas son ralliement à la théoire kantienne du temps :

    « Kant, de l’avis de l’auteur, semble avoir donné à cette théorie (du temps) le complément dont elle avait besoin, en identifiant la relation temporelle avec la relation causale : « le concept du temps est un concept pur de l’entendement ayant pour objet le rapport de la cause et de l’effet ». La cause précède l’effet, et le rapport qui les relie éveille nécessairement les idées d’antériorité et de postériorité qui constituent l’idée du temps. C’est là une conception bien discutable. Tout d’abord il n’est nullement prouvé qu’une cause doive nécessairement précéder son effet dans l’ordre des existences. En second lieu, si la relation causale peut d’une manière générale nous suggérer l’idée de temps, il s’en faut qu’elle soit seule à le faire et que ces deux relations soient identiques. Lorsqu’on envisage le mouvement continu d’un corps, on peut en effet le considérer à deux points de vue différents, ou bien comme l’effet d’une cause mécanique, ou bien comme constituée de parties qui se succèdent ou s’excluent graduellement. Or, cette succession qui implique une exclusion éveille naturellement et tout aussi bien que la relation causale les notions d’avant et d’après contenues dans l’idée du temps. C’est le propre de tout changement dont l’une phase est exclusive de l’autre. Si M. Lechalas savait mieux approfondi cette théorie de l’École, il aurait eu moins de peine à résoudre les graves difficultés qu’il soulève lui même au sujet des relations entre Dieu et le monde, difficultés qui, à notre avis, proviennent surtout de la définition kantienne du temps. » (Nys (1896), pp. 110-111)

Intervention citée

Non

Intervention discutée

Non

URL

www.persee.fr/doc/phlou_0776-5541_1896_num_3_9_1472_t1_0109_0000_2

Fiche complète

Oui

Créateur de la fiche

Greber, Jules-henri

Étude sur l’espace et le temps est le premier compte-rendu publié par Nys dans la Revue néo-scolastique. Parue en 1896, l’intervention est une présentation de l’ouvrage de Georges Léchalas dans lequel sont exposées les données des sciences géométriques et mécaniques nécessaires pour aborder l’étude métaphysique de l’espace et du temps. Nys recommande cet ouvrage pour son exposé des théories géométriques et mécaniques. Il émet cependant des réserves sur l’étude métaphysique de l’étendue, de l’espace et du temps réalisée par Léchalas. Il lui reproche tout particulièrement son ralliement à la définition kantienne du temps :

« Kant, de l’avis de l’auteur, semble avoir donné à cette théorie (du temps) le complément dont elle avait besoin, en identifiant la relation temporelle avec la relation causale : « le concept du temps est un concept pur de l’entendement ayant pour objet le rapport de la cause et de l’effet ». La cause précède l’effet, et le rapport qui les relie éveille nécessairement les idées d’antériorité et de postériorité qui constituent l’idée du temps. C’est là une conception bien discutable. Tout d’abord il n’est nullement prouvé qu’une cause doive nécessairement précéder son effet dans l’ordre des existences. En second lieu, si la relation causale peut d’une manière générale nous suggérer l’idée de temps, il s’en faut qu’elle soit seule à le faire et que ces deux relations soient identiques. Lorsqu’on envisage le mouvement continu d’un corps, on peut en effet le considérer à deux points de vue différents, ou bien comme l’effet d’une cause mécanique, ou bien comme constituée de parties qui se succèdent ou s’excluent graduellement. Or, cette succession qui implique une exclusion éveille naturellement et tout aussi bien que la relation causale les notions d’avant et d’après contenues dans l’idée du temps. C’est le propre de tout changement dont l’une phase est exclusive de l’autre. Si M. Lechalas savait mieux approfondi cette théorie de l’École, il aurait eu moins de peine à résoudre les graves difficultés qu’il soulève lui même au sujet des relations entre Dieu et le monde, difficultés qui, à notre avis, proviennent surtout de la définition kantienne du temps. » (Nys (1896), pp. 110-111)